â Tu mâas manquĂ©, grand frĂšre.
Je tâenlace immĂ©diatement, ne sachant que dire sur le moment.
â Par toutes les entitĂ©s, par toutes les divinitĂ©s, par tous les lieux souterrains ou cĂ©lestes, tu es là ⊠tu es bien lĂ âŠ
Mes murmures larmoyants répÚtent ce nouveau psaume qui sonne encore faux à mes oreilles tant le désespoir était grand.
â Je suis lĂ . Je ne te quitterai plus jamais.
â Toutes ces choses horribles que jâai pu te direâŠ
â Câest du passĂ©, chuchotes-tu en caressant tendrement ma criniĂšre argentĂ©e.
â Jâai lâair bien misĂ©rable Ă pleurer de cette façon, aprĂšs tout ce que jâai ditâŠ
â Non. Tu nâes pas misĂ©rable, tu es malheureux. Je suis lĂ maintenant, la tristesse ne sera plus quâun mauvais rĂȘve. Ta voix semble si sombre.
â Je pensais ne plus te retrouver. Maintenant que pĂšre et mĂšre ne sont plus de cet univers⊠Je nâai que toi et toi seul. MĂȘme lorsque jâai Ă©tĂ© injuste et infĂąme, tu ne mâas jamais exprimĂ© le moindre ressentiment.
â Je suis navrĂ© de ne pas ĂȘtre revenu plus tĂŽt. Je nâaurais pas dĂ» partir sans toi.
â Câest moi qui aurai dĂ» te ramener, tâĂ©pauler. Au lieu de cela, je tâai blessĂ©, tel le lĂąche que je suis.
â Ne dis pas des choses pareilles, tu nâes pas un lĂąche. Je suis tellement dĂ©solĂ© de tâavoir abandonnĂ©.
â Je tâen supplie, ne tâexcuse pas. Nous nâaurions jamais dĂ» te traiter de la sorte.
â Beaucoup de haine a envahi mon cĆur, mais je nâen ai pas ressenti pour toi.
â Jâai eu un comportement impardonnable pourtantâŠ
â Mais tu as tout mon pardon.
â Comment puis-je le mĂ©riter ? Je nâen suis pas digne.
â Parce que je tâaime. Je tâaime de tout mon ĂȘtre. Je nâai jamais cessĂ© de tâaimer, mĂȘme quand tu mâas reniĂ©. Mon plus grand rĂȘve Ă©tait de dĂ©couvrir le monde avec toi, mais tu as fait tes propres choix, et cela, je ne peux te le reprocher. Tu nâas fait que suivre les instructions que pĂšre te sommait de suivre. Cet estime quâil portait Ă mon Ă©gard nâĂ©tait quâillusion, et malgrĂ© toutes tes abominations, je voue pour toi une profonde admiration. Les remords que tu portes, tes cicatrices⊠Tu mâas Ă©pargnĂ© de tant de choses en subissant pour moi tant de supplices. Jâai toujours su que nos liens Ă©taient immortels, et quâun jour, nous vivrons ces retrouvailles. Quâun jour, nous serons rĂ©unis comme jadis. Mon amour pour toi ne connaĂźt aucune faille, car tu es tout ce quâil y a de plus beau en ces mondes.
Mes sanglots déferlent à ces mots. Mon étreinte devient plus forte tandis que tu déposes un baiser avec une douceur infinie sur mon front.
â Extrait issu de la nouvelle Au coeur de tes insomnies.
â Animation menĂ©e par Maritza Jaillet sur les rĂ©seaux sociaux
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