Il la regarda de nouveau. Son Ćil droit avait une couleur aussi pure et dĂ©licate que lâor, tandis que son Ćil gauche Ă©tait partiellement bleu, comme si une brume dissimulait sa pupille.
Ils demeurĂšrent ainsi pendant que les rayons du soleil dessinaient leur silhouette sur le marbre des escaliers. Mia baissa la tĂȘte et se tortilla les doigts, lâesprit habitĂ© par une idĂ©e hĂ©sitante.
â Je-jâai plus cours lĂ , est-ce que tu as encore des trucs Ă faire de ton cĂŽtĂ© ?
â Oui, jâai encore un cours.
â Ah. Du coup⊠Est-ce que ça te dit de⊠quâon sâĂ©change nos numĂ©ros ? Si ça ne te dĂ©range pas, tâes pas obligĂ© dâaccepter. Câest trĂšs direct, mais jâai envie quâon se retrouve et si tu es dâaccord, quâon puisse devenir amis.
â Ăa me ferait plaisir. Je nâai pas dâamis ici et tu es la premiĂšre personne avec un tempĂ©rament chaleureux que je croise dans les parages.
â Entre nous, la plupart des Ă©tudiants du coin sont de vĂ©ritables glaçons, jâai lâimpression de vivre en Antarctique !
Il rit légÚrement, ce qui fit sourire Mia encore plus intensément.
â Je pense quâon ne vit pas dans le mĂȘme monde quâeux, les Ă©carts se ressentent dans leurs comportements. Et au contraire, jâaime bien quand on est direct. Ăa ne laisse aucune place au doute au moins, câest mieux ainsi. Souvent les gens ont des arriĂšres pensĂ©es, je ne suis pas fan de ce genre de comportement.
â Je suis trĂšs timide parfois, par contre, je suis comme toi alors, tu peux compter sur moi ! Je fais rarement ce genre de proposition, le nombre de fois oĂč on mâa rembarrĂ©e en se moquant de moi ou en me prĂȘtant des intentions que je nâai pas⊠Jâavais un peu perdu espoir, et puis câest toujours compliquĂ© de retrouver de la confiance.
â Je te promets de toujours me montrer honnĂȘte envers toi.
En entendant ces quelques mots, Mia se sentit comme soulagĂ©e. Câest comme si le poids du monde avait cessĂ© de peser sur ses Ă©paules. Comme si tout semblait plus lumineux et plus beau. Le bonheur fit perler quelques larmes au bord de ses yeux qui brillaient intensĂ©ment avant de sâĂ©teindre au son de la sonnerie. La disparition de ce rĂ©confort infini Ă©tait imminente. Oba lui tendit son tĂ©lĂ©phone avant de reculer.
â Pardon, peut-ĂȘtre que tu prĂ©fĂšres que je te donne le mien avant de prendre le tien.
â Non ! Je vais lâajouter Ă ton rĂ©pertoire !
Elle inscrit chaque chiffre en sentant une joie immense monter en elle, parce quâau fond, elle savait quâils allaient bientĂŽt se retrouver. Sa routine allait encore changer en devenant meilleure, qui sait.
Il lui envoya un message sans tarder.
â Je suis heureux de te connaĂźtre. Ăcris-moi quand tu le souhaites. Ă bientĂŽt.
â Salut ! Et courage pour ton cours !
Il descendit et laissa derriÚre lui Mia qui se languissait déjà de converser avec lui en rentrant chez elle.
â Extrait issu du recueil Une Ă©ternitĂ© dans tes Yeux
â Animation menĂ©e par Maritza Jaillet sur les rĂ©seaux sociaux
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