Si la vie est un calvaire, alors la vulnĂ©rabilitĂ© humaine est enviable en tout point. Comme compromis, je prĂ©voyais, bien avant la perte de notre pĂšre, de quitter lâEnfer. Une fois proche de ces âmisĂ©rablesâ, comme mon frĂšre aime les appeler, jâai pu connaĂźtre des jours heureux. Quelques cicatrices persistent toujours nĂ©anmoins, et lâimmortalitĂ© a un prix non nĂ©gligeable. Une fois que lâon y renonce, nous ne sommes plus que des bĂȘtes assoiffĂ©es dâentrailles. Et lorsque nous en profitons, nous ne sommes que des monstres dotĂ©s dâune voix et dâun savoir, des princes funestes, des dĂ©voreurs dont lâessence est forgĂ©e dans la plus vile des cruautĂ©s, des prĂ©dateurs infernaux. Pour cela, les peuples humains nâont dĂ©finitivement rien Ă envier aux serpents que nous sommes.
â Extrait issu de la nouvelle MĂ©moires dâun dĂ©mon oubliĂ©.
â Animation menĂ©e par Maritza Jaillet sur les rĂ©seaux sociaux
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